Les friches sont des espaces intermédiaires. Leur marginalité repose sur un point de vue à la fois spatial et idéologique. Les prairies Saint-Martin (Rennes) sont un site d’anciennes tanneries et de jardins familiaux, restées longtemps en friche, dans l’attente d’un projet de « Parc Naturel Urbain ».
En 2011, l’Institut National d’Écologie et d’Environnement a mis en place un observatoire d’écologie urbaine. Au sein de celui-ci, je mène un Observatoire Photographique du Paysage.
À travers les représentations de l’évolution de ces paysages, des vidéos et des poèmes, je questionne d'un point de vue écologique, politique et esthétique, le statut des friches dans notre société. Leur aménagement est une remise en ordre non pas uniquement physique, mais aussi social, et donc, un moyen de gouverner.
J’articule une part de notre relation contemporaine à la nature et au sauvage avec un héritage culturel profond, qui remonte à l’antiquité. Il existe des liens historiques entre la représentation du paysage et des choix politiques, entre les artistes et le pouvoir.

Ainsi, à travers des lectures transdisciplinaires et transhistoriques, je propose la reconstruction d’un paysage mémoire de la friche : il mêle une création photographique et poétique à une recherche théorique esthétique, écologique et politique.